Caritas International 1 an après Tsunami

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Tsunami, un an plus tard

Bilan des actions de Caritas International

Dès les premières heures du drame, Caritas International s’est mobilisée, en contactant ses partenaires Caritas sur le terrain. Une première somme a été immédiatement débloquée pour venir en aide aux victimes du tsunami et un appel aux dons a été lancé aussitôt. Depuis, l’effort ne s’est pas relâché. Un mouvement de solidarité exceptionnel s’est développé permettant à Caritas International Belgique de recueillir 7.176.448 euros de dons. 1.610 000 euros proviennent de donateurs Caritas (000-0000041-41) et 5.566.920 euros de l’action Tsunami 1212. Plus de 2,5 millions d’euros ont été dépensés en Inde, au Sri Lanka, en Indonésie et en Thaïlande. Pour les trois ans à venir, Caritas International Belgique prévoit plus de 4,5 millions d’euros pour la réhabilitation et le développement.

Un gigantesque travail de secours en faveur des victimes et de réhabilitation des infrastructures s’est mis en place, associant de multiples acteurs. Durant la phase d’urgence, plus de 500.000 personnes ont été secourues et aidées par le réseau Caritas dans les pays touchés par le tsunami. Les enfants sont retournés à l’école, les pêcheurs ont retrouvé des bateaux, les femmes se sont regroupées en petites coopératives et s’entraident désormais pour améliorer les revenus de la famille. Les nombreuses personnes encore traumatisées bénéficient toujours d’un appui et d’un accompagnement psychologique.

Pourtant, à bien des égards, le travail ne fait que commencer. Caritas International Belgique et ses partenaires se sont engagés dans un programme de réhabilitation et de développement en faveur des personnes et des communautés affectées par le tsunami. Ce programme durera au moins 3 ans. L’urgence et la post-urgence étant maintenant terminées, le défi actuel est de faire respecter les droits des victimes à savoir : pouvoir vivre dignement, avec des revenus suffisants et la garantie d’un toit pour s’abriter.

La reconstruction se poursuit activement. Chaque semaine, des dizaines de maisons sont terminées dans les différents chantiers Caritas disséminés sur le littoral. Mais la reconstruction prendra plusieurs années compte tenu du nombre important de maisons détruites. Le travail engagé dépasse en volume et en durée toutes les interventions déjà effectuées, lors d'autres urgences. Le montant des sommes collectées exige une grande transparence quant à l’emploi de ces fonds et nécessite donc un effort supplémentaire d'explication. Il s’agit de faire comprendre, en particulier, qu’en matière de réhabilitation, dépenser vite n’est pas forcément dépenser bien. Il est plus pertinent de mettre en place des programmes précis établis à partir d’une identification fine des besoins et des bénéficiaires, gage de la qualité des actions.

 

INDE, un an après le tsunami

Contribution de Caritas International Belgique 2005 : 1.957.028 euros

Fonds prévus pour 2006-2007 : 2.5 millions d’euros

Caritas International Belgique alloue principalement les fonds récoltés par « l’action tsunami 1212 » et ses « propres donateurs 41-41 » en Inde. Ce choix n’est pas si étrange car Caritas International Belgique est active dans ce pays depuis plusieurs années. Nous y travaillons avec notre partenaire local « Caritas India ». Créée en 1962, la Caritas Inde a une parfaite connaissance de la situation sociale des familles vivant dans ces régions. Caritas India maîtrise les impératifs de terrain et connaît les besoins des personnes vulnérables.

Immédiatement après la catastrophe, le réseau international de Caritas a apporté son aide dans les districts les plus durement affectés de l'Etat de Tamil Nadu, Pondicherry, Andhra Pradesh, Kerala et les îles d'Andaman et Nicobar. Nous avons, entre autres, distribué de l’aide alimentaire, des tentes et des couvertures. Mais l’aide d’urgence n’est pas suffisante pour relancer la vie de dizaines de milliers de personnes. Une aide structurelle est nécessaire et c’est pourquoi Caritas International Belgique a lancé des projets générateurs de revenus, organisé des formations et fait du lobbying pour améliorer la situation des sans terres, des intouchables ou Dalits, des femmes, etc. Afin d’avoir un aperçu plus complet de nos projets en Inde, vous pouvez visionner un petit film sur notre site Internet : www.caritasint.be. Il est également possible de se procurer le film complet (2 & 10 min, Betacam SP) et des photographies auprès de Cette adresse email est protégée contre les robots des spammeurs, vous devez activer Javascript pour la voir.

Quelques réalisations :

Première urgence (1 à 3 semaines)

·          502.373 personnes ont reçu une aide alimentaire

·          Soins médicaux pour 207.736 personnes

·          25.000 familles ont reçu des kits de cuisine

·          Assistance psychosociale

Réhabilitation (3 à 6 mois)

·          69.385 enfants ont reçu du matériel scolaire

·          3.000 abris de transition

·          installation de 1.300 pompes à eau potable

·          construction de 5.552 latrines

·          programme « cash for work » ou « argent contre travail ». En échange d’un salaire, 24.739 bénéficiaires ont participé aux travaux de reconstruction.

Réhabilitation des moyens de subsistance et construction de maisons permanentes

·          960 bateaux, 1.728 bateaux réparés, 34.185 filets de pêche

·          7.930 personnes ont bénéficié d’une formation (couture, informatique, électricité, maçonnerie) afin de diversifier les compétences des jeunes (qui n’ont souvent pas d’autre alternative que la pêche)

·          1.000 maisons permanentes construites pour fin 2005, 22.000 maisons d’ici fin 2007

 

SRI LANKA, un an après le tsunami

Contribution de Caritas International Belgique 2005 : 431.420 euros

Fonds prévus pour 2006-2007 : 1.4 million d’euros

L’aide apportée par le réseau international de Caritas au Sri Lanka s’articule autour de trois zones d’actions prioritaires correspondant aux régions le plus touchées par le tsunami. Il s’agit, au sud de Colombo, Galle Matara et Hambantota, à l’est de Batticaloa, Trincomalee et Ampara et au nord de Jaffna, Kilinochi et Mullaïtivu. Caritas travaille en étroite collaboration avec Caritas Sri Lanka. La présence de notre partenaire local sur le terrain avant, pendant et après une crise facilite la mise en œuvre des programmes d’urgence et de réhabilitation, la mise en place des équipes et les rapports avec les autorités nationales et régionales. Outre les actions menées dans le cadre de la phase d’urgence, les programmes développés visent la reprise des activités économiques.

Quelques réalisations :

Première urgence (1 à 3 semaines).

·          150 000 personnes assistées durant la phase d’urgence

·          Aide alimentaire pour 9.804 personnes

·          Soins médicaux

·          Distributions de tentes, de matelas, de vêtements et d’ustensiles de cuisine

·          Assistance psychosociale

Réhabilitation (3 à 6 mois)

·          6 530 abris de transition (petites maisons capables de durer plusieurs années),

1 000 maisons permanentes construites sur 16 000.

·          Réhabilitation de 16 écoles

·          Reprise du cursus scolaire pour 42.000 enfants

Réhabilitation des moyens de subsistance et construction de maisons permanentes

·          Distribution de 588 bateaux neufs, 466 moteurs hors-bord, 1932 filets de pêche

·          65 249 journées de « travail contre rémunération »

·          700 à 1.000 maisons permanentes

Construction de maisons permanentes : Malgré le contexte difficile, dix mois après le tsunami, les maisons permanentes sortent de terre. Caritas table sur 700 à 1 000 maisons sur l’ensemble du territoire un an après le drame. En juin déjà, 6 500 abris de transition (soit 1/6e de la totalité) avaient été construits par Caritas. La qualité et la quantité des maisons lui ont d’ailleurs valu le Prix de la Présidence du Sri Lanka. Pourtant, un frein considérable a ralenti la mise en route des travaux. La zone littorale de non-reconstruction, imposée dans la hâte après la catastrophe par le gouvernement sur une largeur de 200 mètres dans le nord, et de 100 mètres dans le sud, a contraint les autorités à proposer des terrains de substitution. Des terrains le plus souvent inadéquats car trop éloignés des côtes pour les pêcheurs, trop souvent marécageux, donc impropres à toute construction. Par ailleurs, les pêcheurs sont privés de voie d’accès vers la mer ou bien elles sont encore minées, comme c’est souvent le cas dans le nord. L’intervention d’entreprises de déminage retarde d’autant toute construction. Ajoutés à cela, des problèmes liés aux castes car certaines communautés refusent que des pêcheurs s’installent dans leur voisinage. Cependant, partout où la reconstruction est possible, elle est largement engagée.

 

INDONESIE, un an après le tsunami

Contribution de Caritas International Belgique 2005 : 150.000 euros

Caritas International Belgique soutient financièrement les programmes de réhabilitation du réseau international de Caritas en Indonésie. Caritas s’appuie pour agir sur deux partenaires essentiels : Caritas Pays-Bas et le CICM (la commission internationale catholique pour les migrations). Active dans le pays depuis 1999, CICM a soutenu près de 70 000 personnes. Les équipes sont intervenues principalement à partir de Medan et d’Aceh pour atteindre les villes et les villages alentour.

Quelques réalisations :

Première urgence (1 à 3 semaines)

L’aide apportée à des milliers de personnes s’est organisée autour de la distribution de médicaments, de vivres, de vêtements, de moustiquaires, de sacs mortuaires et la mise en place d’abris temporaires. Les équipes se sont fortement mobilisées pour former du personnel de santé. Parallèlement aux produits de première nécessité délivrés dans le cadre de la phase d’urgence, nos partenaires ont développé une aide et un accompagnement psychologique pour les personnes traumatisées.

Réhabilitation (3 à 6 mois)

Comme au Sri lanka ou encore en Inde, le problème de la terre est crucial en Indonésie. Le gouvernement avait promis une solution, mais depuis, le silence et l’inaction de Djakarta perdurent. Certaines terres ont disparu sous la mer, les preuves de propriété ont été perdues, des zones côtières pourraient être déclarées inconstructibles et la montagne reste inhospitalière.

Néanmoins, de nombreuses activités éducatives ont été développées et plus de 15 écoles ont été reconstruites et réhabilitées.  16 500 enfants ont pu recevoir, malgré la situation, une éducation primaire, secondaire et professionnelle à Banda Aceh. Plus de 3 000 étudiants ont par ailleurs reçu du matériel scolaire pour pouvoir poursuivre leurs études. Dans la région de Pulo Aceh des actions ont été entreprises pour soutenir les enseignants dans la reprise des cours.

Réhabilitation des moyens de subsistance et construction de maisons permanentes

Caritas réalise des programmes de reconstruction en collaboration avec les populations sinistrées. Nous y reconstruisons non seulement les maisons et les infrastructures, nous reconstruisons aussi le tissu social afin de renforcer la cohésion entre les membres des communautés locales. Cette façon de travailler exige un peu plus de temps parce qu’elle sous-entend qu’il faut tenir compte des souhaits individuels, organiser des réunions, établir des plans et les communiquer aux différents acteurs… 

Nous appliquons la même méthode pour la reconstruction d’écoles. Traditionnellement, les Indonésiens construisent des classes rectangulaires accolées les unes aux autres. Si nous voulons construire des écoles selon les normes antisismiques, nous devons construire des classes carrées et, de préférence, séparées les unes des autres. Ce qui est d’ailleurs préférable sur le plan pédagogique. Conjointement à la reconstruction des maisons, les Caritas aident les personnes à recouvrer leur autonomie financière. Des formations professionnelles dans les domaines de la mécanique, de la soudure, de la couture de l’agriculture ont été instaurées.

 

THAILANDE, un an après le tsunami

Contribution de Caritas International Belgique 2005 : 50.000 euros

Le réseau Caritas mène un programme d’urgence et de réhabilitation bénéficiant aux populations les plus vulnérables, dans les provinces de Phuket, Krabi et Phang Nga, aux minorités ethniques mais également à certaines populations musulmanes qui n’auraient pas reçu d’aide du gouvernement. Le diocèse de Surathani assure la réalisation et le suivi des activités menées dans le cadre de ce programme. Caritas Thaïlande, Allemagne et Italie apportent un soutien technique dans la mise en place de ce programme.

Quelques réalisations

Première urgence (1 à 3 semaines)

L’action de Caritas se situe à Takuapa, Phuket et Krabi, où les équipes gèrent huit camps de déplacés ainsi que les villages alentours (une quinzaine de villages par zone). Les équipes ont, dans un premier temps mis en place des camps d’abris temporaires. 5.500 kits de survie et d’hygiène, 600 kits de cuisine, des vivres et des vêtements ont été distribués. Des cliniques fixes sont mises en place dans les camps de déplacés, et des cliniques mobiles permettent d’assurer une assistance médicale dans les villages environnants. Près de 23.500 personnes ont bénéficié d’un suivi médical, de médicaments et d’un accompagnement psychologique.

Réhabilitation (3 à 6 mois)

Des activités de reconstruction, de soutien à l’éducation et à l’activité économique se sont développées au fur et à mesure et ont permis un retour progressif à une vie normale pour les populations sinistrées. La réparation ou la distribution de deux cents bateaux de pêche et la distribution d’une centaine d’équipements de pêche facilitent une reprise progressive de cette activité dont vit l’essentiel de la population. Les personnes bénéficiant de cette aide ont été largement impliquées dans la réhabilitation de leur matériel. Afin de favoriser la reprise de l’école, un soutien à l’éducation a été mis en place au travers de bourses scolaires. A Phuket, plus de 1.300 enfants en bénéficient. A Krabi, plus de 300 enfants déjeunent gratuitement à l’école.

Réhabilitation des moyens de subsistance et construction de maisons permanentes

·          215 maisons permanentes restaurées ou reconstruites

·          activités génératrices de revenus : 82 projets

·          soutien matériel et juridique aux minorités (telles que les Mokken et les « Sea Gypsies »)